Préparer et craindre l’avenir

Depuis deux semaines, les bébés sont tout simplement adorables. On joue, on rit, on fou-rire même (invention), ils mangent bien, dorment toujours bien (ou presque) et mis à part les dents qui titillent un peu, ils profitent et moi aussi.

La psy de la crèche a été très rassurante, mes deux poussins sont tout ce qu’il y a de plus normaux, krouomanie ou pas, pleurs ou pas (en l’occurrence ni l’un ni l’autre depuis 2 semaines).

Tout cela me donne donc le loisir de profiter de tout : les nuits sans réveil, les dîners en riant, les réveils en sourire, les jeux en rire, les fou-rires avec les rideaux et les parties de cache-cache, les balades au soleil (bon ça il ne fallait pas rater le coche, ça n’a pas duré), les soirées entre amis, les bavardages, etc.

Et tout en profitant, je les admire, les regarde, les écoute, constate qu’ils grandissent si vite, qu’ils ressemblent de plus en plus à des petits garçons, me rend compte qu’ils iront à l’école maternelle en septembre 2018 (!), les trouve sublimes, éveillés, drôles, tendres, câlins, joueurs, filous, espiègles, complices, grands et petits à la fois, si épanouis et émerveillés d’un rien.

Et parfois quand je les admire dormir le soir, juste avant d’aller me coucher, mon ventre se gonfle de bonheur et de fierté. Je me dis que c’est incroyable d’avoir pu donner vie à deux petits êtres aussi beaux. Je me dis que c’est presque irréel d’avoir la chance de les avoir là, avec moi. Je range leurs jouets dans le salon, ramasse les livres, dépose leurs chaussons dans le meuble de l’entrée et me dis chaque fois que tout ça est plus beau que ce que j’imaginais.

Et puis j’ai peur.

Peur de mal faire, de ne pas être une bonne mère, de ne pas avoir assez d’argent, de patience, de courage, de ne pas être à la hauteur, de ne pas entendre ou voir leurs besoins et envies, d’être seule avec eux, de ne pas leur donner la chance d’avoir un père, de les faire vivre dans un monde pollué, si dur, dangereux et violent, de ne rien pouvoir leur promettre car l’avenir est incertain.

Et puis j’espère.

Qu’ils seront toujours aussi beaux et en bonne santé demain, qu’ils n’auront pas de soucis à l’école, qu’ils travailleront bien, réussiront, décrocheront les diplômes nécessaires pour parvenir à exercer le métier qui les passionnera et dont ils pourront vivre, qu’ils rencontreront chacun une femme douce et intelligente, qui saura les rendre heureux, qu’ils auront de beaux enfants, une jolie maison, un avenir radieux.

Je me rends compte qu’être maman est un rôle difficile, qu’on appréhende chaque jour de tout bien faire et que cela relève du défi quotidien, que conjuguer le rôle de femme (même sans homme dans sa vie), de maman, de working girl et le tout en tenant une maison propre et rangée est parfois fatigant physiquement et moralement.

Mais que le plus difficile dans tout ça est de se dire qu’on espère tant que nos efforts ne seront pas vains et que nos  tout petits seront des enfants heureux et épanouis et deviendront les adultes heureux et épanouis qu’on espère qu’ils soient…

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17 réflexions sur “Préparer et craindre l’avenir

  1. Picou dit :

    Oui, cette inquiètude plus ou moins sous-jacente est le propre des mamans! Parce qu’on bascule toujours vers l’inconnu, que ce soit à court terme (maladies, crises de bébé, apprentissages…) ou à long terme (transmission des valeurs que l’on veut, éducation, confiance en eux…). Un travail qui ne s’arrête jamais et dont les résultats évoluent chaque jour! Mais c’est justement parce qu’on se les pose, ces questions, que l’on est de bonnes mères. Tant qu’on essaye de faire au mieux, on fait exactement ce qu’il faut.

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    • Nanou dit :

      Ca me rassure d’être une maman « normale », même si ce n’est pas si simple au quotidien…
      Avant même d’avoir des enfants, on me disait que se poser des questions était une bonne chose. Après aussi, mais ça ne s’arrête jamais en fait !

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  2. Bounty Caramel dit :

    Jolie témoignage d’Amour et de Bienveillance envers de tes deux loulous !
    Il est rassurant d’avoir ces inquiétudes, elles donnent des ailes, et nous permettent de faire les choix que l’on souhaite.
    Des énormes bises

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    • Nanou dit :

      Merci chère Bounty…
      Ce qui est surprenant en ce moment (mais peut être lié à la conjoncture pro) c’est qu’ils me manquent cruellement dans la journée, comme si j’avais un énorme trou dans le ventre, un manque abyssal…

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  3. Marieand dit :

    C’est normal de douter, et d’être inquiète pour eux … Je pense que cela ne s’arrête jamais, même lorsqu’ils sont adultes !
    De mon côté, en ce moment, je me traîne un fond de culpabilité car j’ai l’impression que mon Mari en fait plus que moi avec les loustics (plus patient, et plus lève-tôt lol) … Au moins dis-toi que tu t’épargnes cela, et que tu assumes à fond d’être une maman solo (pour l’instant ! car je ne doute pas que tu trouveras bientôt un super-Papa pour tes deux amours) … Mais je sais bien que tout gérer toute seule doit être bien pesant aussi parfois … 😦
    Allez, des bises, Super-Nanou !

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  4. Juju dit :

    Tu es la meilleure et vous méritez le bonheur tous les trois. Seule ou pas je crois que l’on doute toujours surtout pour quelque chose d’aussi capital. Et tout cas suis la si besoin pour te dire que tu es la meilleure maman qu’ils puissent avoir 😍❤️😘

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  5. verolilas dit :

    Ton inquiétude n’est pas pathologique mais très saine au contraire!
    Nous ne sommes pas , entièrement, responsables de l’épanouissement et du bonheur futur de nos enfants, je pense que plein d’autres facteurs rentrent en ligne de compte…l’important est que l’on fasse au mieux avec sincérité, respect et amour, ce qui est le cas de toutes les mères…

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    • Nanou dit :

      🙂 Non, c’est vrai que nous ne sommes pas entièrement responsables mais ça semble tellement important de leur apprendre certaines valeurs. J’aimerais tant en faire des petits garçons gentils, polis et bienveillants. Et je crois qu’ils sont déjà drôles et complices. Pourvu que ça dure !

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    • Nanou dit :

      Merci beaucoup..
      Oui je crois qu’avec des enfants on réfléchit beaucoup et on grandit chaque jour. Quant à l’amour, j’ai en effet peu de doute sur le fait qu’ils en manquent…

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  6. singa73 dit :

    Bonjour Nanou,

    Encore une fois tu réussis à mettre de jolis mots sur ce que la majorité des parents ressentent la plupart du temps (enfin, j’imagine). En ce moment je doute aussi beaucoup par rapport au grand changement de vie qui attend mes loulous. Est-ce que je fais le bon choix pour eux? Est-ce qu’ils vont s’adapter facilement? Est-ce que je vais m’en sortir financièrement? Bref, tu peux imaginer les petits coups de stress qui viennent accompagner mes nuits.

    A bientôt

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    • Nanou dit :

      Combien j’imagine oui !
      Mais être plus proche de sa famille est une grande chance je trouve, pour toi comme pour eux, et ce grand changement est plutôt une belle perspective a priori. Je pense que c’est plus que légitime de se poser toutes ces questions mais je suis persuadée que tu vas t’en sortir, tout comme eux, avec brio. A très vite

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